Et si votre nom de domaine vous aidait à positionner votre marque ?

Le saviez vous ? Le premier nom de domaine à avoir été déposé en 1985 est www.symbolics.com (site sans grand intérêt aujourd’hui, mais en voilà une anecdote pour briser la glace lors d’un déjeuner qui peine à démarrer, par exemple). Depuis, plus de 17 millions de noms de domaine (NDD) ont été déposés, des noms en .com, .net, .org, ou encore avec une extension géographique comme .fr, .co.uk.

Une croissance exponentielle

Le problème, c’est que si au début tout allait bien, dernièrement la création de sites et l’achat de noms de domaine sont devenu tellement exponentiels qu’on fait face à ce qui commence à ressembler à une pénurie. Tous les jours, plus de 10.000 noms de domaine sont enregistrés dans le monde (1 toutes les 10 secondes). Le graphique ci dessous donne un aperçu du rythme, rien que sur les 10 derniers jours (source ntdlstats.com) :

Création Noms de domaine
Noms de domaine déposés au 8/5/2016

La faute à l’explosion du nombre d’utilisateurs d’internet dans le monde, à la simplicité de création de sites avec des solutions comme wordpress ou autres, à la culture startup, blogging, sites persos etc… Bref la faute au monde dans lequel on vit quoi.

En tant que simple quidam, on ne voit pas franchement le problème.
Mais lorsqu’on cherche à acheter un nom de domaine pour son projet et que toutes les options qu’on essaie sont prises, on commence à entrevoir le truc. Quand on lance un business et que tous les mots clés de son secteur sont déjà soit pris, soit suroptimisés par des concurrents divers, on sent l’angoisse poindre… Et c’est là où l’option des noms de domaine personnalisés peut entrer en scène.

Les noms de domaine personnalisés, comment ça marche ?

En 2012, face à la pénurie croissante de noms de domaine, l’ICANN, autorité de régulation des noms de domaine sur internet, autorise la création de nouveaux noms. Pour ce faire il faut déposer un dossier, payer 185.000$, et si le dossier est accepté on devient propriétaire du nom de domaine (sinon on a perdu 185K$). Attention, si plusieurs organisations ont fait un dossier pour le même NDD, celui-ci est mis aux enchères et les prix peuvent s’envoler. Tout ça s’est passé une fois, en 2012, et pas la peine d’essayer de déposer votre dossier vous ne pouvez pas : la liste est close. La liste ? Quelle liste ? Une liste de 600 mots environ (ou 2000 selon d’autres sources, c’est pas très clair. Si vous avez la réponse et une source éclairez ma lanterne en commentaire, d’avance merci), et vu qu’on a tenu une trentaine d’années avec les précédents, ça devrait nous permettre de voir venir au moins quelques années voire décennies. Les propriétaires de ces noms de domaine (ceux qui avaient les moyens de déposer des dossiers à 185 K$) sont des « grossistes », qui revendent les NDD à des détaillants qui servent eux mêmes de distributeurs vers les particuliers (OVH, Gandi, par exemple). Alors quels noms de domaine sont dispos ? Et bien vous connaissez .paris ou .bzh. Il y en a beaucoup d’autres. Par exemple ceux ci, qui ne sont qu’une sélection :word_cloudNDD

Plus qu’un détail technique, une opportunité de positionner sa marque

Au delà des avantages évidents d’une extension qui permet parfois de déposer le mot originel qu’on visait, les noms de domaine personnalisés peuvent véritablement aider à positionner sa marque et optimiser son SEO. Imaginez : vous êtes un producteur de vin. Vous avez un site, comme des milliers de producteurs de vin dans le monde et en France. Sauf qu’au lieu de baptiser votre site http://www.lorgeril.com, vous achetez les extensions .vin et .wine. Ah bah là du coup, http://www.lorgeril.wine, c’est sûr qu’on sait tout de suite ce que vous faites quand on croise votre nom sur une page de résultats Google. Autre exemple ? Vous êtes le propriétaire d’une agence immobilière répondant au doux nom de Gilbert et Associés (bah oui, c’est comme ça).Résultats recherche Gilbert associés Au moment de choisir l’url de votre site, il faut avouer que c’est un véritable casse-tête : entre les gilbert associés en .com qui sont architectes, les gilbert associés en .ca qui sont assureurs, les gibert-assurés en .fr qui sont notaires, le choix du NDD ne s’annonce pas aisé. Et là vous vous dites (bim!) : achetons le nom de domaine gilbertassocies.immo et hop, non seulement c’est dispo mais en plus comprend tout de suite notre métier rien qu’en regardant notre url. Pas mal non ?

Vous doutez encore ? Un dernier exemple alors. Alors que j’assistais à une table ronde organisée par Donuts, un des grossistes en noms de domaine évoqués plus haut, la démonstration qu’ils nous ont proposée m’a paru assez implacable : pensez ce que vous voulez du projet de loi travail de Mme El Khomri , vous n’avez même pas besoin de consulter le site qui apparaît en 1 des résultats Google pour savoir ce que ses auteurs en pensent :

Loi travail lol

En terme de branding, c’est impeccable (du moins du point de vue des créateurs du site) : même pas besoin de consulter le site pour comprendre le point de vue qu’ils défendent. Et en terme de SEO… numéro 1 tout simplement.

Vous pouvez aussi acheter du .mom, pas mal si vous faites des produits bébé.
Du .tech, du .buzz (roh la la, du .buzz), du .Alsace, du .pro, du .lgbt, bref, la liste est longue.

Une solution disponible pour les nouvelles marques comme pour les business existants

Je vous vois d’ici vous dire que vous voyez bien comment ça peut profiter aux entrepreneurs, à ceux porteurs d’un projet naissant. Mais vous, dont l’entreprise est déjà baptisée, vous dont les business tourne depuis plusieurs années, vous vous dites que le coche est raté. Vous n’allez pas rebaptiser votre .fr en .tech, comme ça du jour au lendemain ?! Et bien non, effectivement vous n’allez pas le faire. En revanche vous pouvez acheter les noms de domaine et créer des redirections, ça marche aussi. Par exemple quand vous tapez bnpparibas.net – leur adresse principale pendant longtemps – et bien une redirection automatique vous amène sur l’url mabanque.bnpparibas (oui, certaines marques ont leur propre nom de domaine).Capture d’écran 2016-05-09 à 21.34.31

Au fait, je vous ai pas dit : ces nouveaux noms de domaine ont un nom, les « notcom ». Les sites pas-en-.com quoi. Google traite ces nouvelles extensions comme les anciennes, autrement dit ni ne les favorise, ni ne les pénalise vs. les extensions traditionnelles.

Pour conclure, si un entrepreneur comme Loïc Le Meur décide d’utiliser une extension « originale » pour son prochain projet, c’est un signe non?… Avec Leade.rs, Loïc propose encore une autre approche que celle du notcom mais pour le même objectif : le sens. Pour l’anecdote, .rs c’est l’extension de la Serbie. Je vous vois déjà les mecs du digital, vous dire que vous allez déposer influence.rs… Bah trop tard, c’est déjà pris. Mais c’était bien pensé, bravo.

Et vous, qu’en pensez vous ? Décidé à choisir une extension signifiante plutôt qu’un banal .fr pour votre prochain site ? Dites nous tout en commentaire.

Envie d’aller plus loin sur le sujet ? Olivier Cimelière a contribué à organiser la conférence à laquelle j’ai assisté et en parle ici.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. N.S dit :

    Excellent article, j’en ai appris beaucoup sur le sujet en quelques minutes seulement : merci !

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