[Interview croisée] #FlashTweet : innovation ou gadget ?

Si vous faites partie de ces Twittos qui font de la veille sur les sujets de transformation digitale, il y a de fortes chances que vous soyez tombés au détour de votre timeline sur l’initiative d’Emmanuelle Leneuf, le #FlashTweet. Tous les matins, à 7H30, cette journaliste partage sa curation sous forme de 10 articles numérotés et aisément repérables grâce au hashtag qui les qualifie.
Rien de particulièrement décoiffant pourrait penser le flâneur de passage, sauf que l’initiative fédère une communauté assez active, que sa notoriété va croissante et génère au passage moults commentaires parfois élogieux, parfois critiques. Et j’en viens au sujet qui nous occupe : la semaine dernière, un article de @4h18 posait sans le nommer un regard plutôt acide sur le #flashtweet, ce qui ne manqua pas de faire réagir les Twittos. Dans ce cadre démarra une conversation avec un Twittos en particulier, @acteurvente, et tous deux en vinrent rapidement à la conclusion que l’idéal serait de partager leurs points de vue dans une interview croisée plutôt qu’en 140 caractères. Passant par là à ce moment là et n’écoutant que mon opportunisme, je leur proposai alors d’accueillir leurs échanges dans mon blog, avec impartialité, sans filtre ni censure. J’accueille donc avec plaisir Pascal Trambouze, aka @acteurvente et Stephane Briot, aka @4h18 pour répondre à 5 questions qu’ils ont eux-mêmes définies.
Et juste avant de démarrer une précision de la part de Pascal :

J’ai activement participé au FlashTweet à ses débuts et ce jusqu’au mois de juin. Par choix, frein a été mis à partir de cette date et un recul net depuis début juillet. Je suis toujours le FlashTweet et continuerai à relayer quand possible les infos à la rentrée.

1 – Le concept du #FlashTweet est-il novateur ?

Pascal :
Si l’on entend par concept, d’animer et fédérer en live une communauté autour d’infos thématiques, c’est complètement novateur ! Trouvez-moi un rassemblement de la sorte sur Twitter ? Je ne suis pas historien mais il n’y en a pas ! C’est sacrément bien vu !

Dans la diffusion d’infos, non, ce n’est pas novateur, chaque jour depuis des années, #TweetsRevues de Patrice Hillaire diffuse de l’info dans des thématiques similaires à heures fixes. Puis les infos sur Twitter, ce n’est pas ce qui manque…

Pour compléter : le travail de veille et de curation du FlashTweet est très bon, cela permet à des twittos en manque de temps pour veiller, d’avoir une très bonne vision des thématiques représentées. Hors de cette plage horaire de 7h30 à 8h30, circulent aussi de très bonnes infos entre communautaires, sympathisants et consorts.

Stephane :
Non. Je vais me répéter, mais une veille numérotée, ce n’est pas novateur. C’est d’ailleurs comme ça que sont nés les blogs (Google est votre ami). Une page avec une liste de liens ordonnés. Par ailleurs il faut savoir que la curation est une technique en place sur Twitter depuis des lustres. Le « concept » n’est donc pas novateur. Ce n’est pas faire offense à quiconque, ce sont le faits, rien que les faits.

Maintenant, la communauté et l’agitation faites autour, cette façon très virtuelle de créer une communauté (qu’il ne faut pas critiquer), oui, ça c’est assez nouveau, du moins sous cette forme et sur Twitter. Encore que, les SEO sont une communauté très très soudée depuis toujours sur Twitter.

La notion de communauté existe depuis que le web est web : IRC, Forums, etc… Donc, dans les faits, encore une fois, rien de vraiment novateur non plus.

2 – Que vous inspire l’ensemble de la communauté du #FlashTweet ?

Stephane :
Je suis partagé. D’un côté, il y a des gens bien, normaux, des utilisateurs de twitter avec qui il est possible d’échanger. Je suis d’ailleurs étonné que des « membres » du flashtweet soient venus discuter avec moi… en privé. Pourquoi pas en public ? Peur de quoi ?

De l’autre, on a une « garde rapprochée » qui fait penser à une secte. Si on critique, on est forcément haineux, jaloux, aigri. Des gens qui vous prennent de haut, vous méprisent. Et ça joue les gentils de l’autre… Fameux je trouve.

Dans les faits ? J’ai mis le truc en sourdine sur Tweetdeck. Y’a les mêmes infos ailleurs, sans la surcouche que je trouve abrutissante.

Pascal :
Une magique effusion ! La joie et le bonheur de se retrouver chaque matin de la semaine à heures fixes ! Chacun y va de son attention et quelle énergie ! Un sacré médicament contre la morosité ! Et c’est vraiment en cela, que le FlashTweet est innovant ! Ce trop-plein « d’amour » nuit à certaines personnes… Je peux comprendre et le respecte. Mais c’est quand même mieux avec la bonne humeur.

Quand on décrypte les profils de la communauté, pour moi, 3 sont distincts :

  • les expansifs : de jeunes comptes sur twitter ou peu actifs à la base. Ils n’ont pas encore la maitrise de l’outil, mais il communiquent avec joie et enthousiasme autour de l’info du FlashTweet et sont d’efficaces retweeteurs. Ils sont la pierre angulaire du succès
  • Les actifs : ils connaissent bien voire très bien Twitter, sont un peu en recul de l’effusion, tout en relayant avec valeurs ajoutées les infos.
  • Les discrets : ils sont dans le contrôle de l’image. Les émojis à dose très homéopathique. ils sont pros FlashTweet mais participent au relais en fonction de l’info délivrée

Une 4è catégorie tend à émerger : ceux qui ont compris que le succès du FlashTweet était un facteur bénéfique au relais de leurs articles… C’est de bonne guerre !

En conclusion : communauté hétéroclite très soudée et qui n’a pas fini de nous étonner ! Des FlashTweets régionaux en vue ? 😉

3 – Un ressenti sur l’animation du #FlashTweet ?

Pascal :
Quel tour de force d’avoir réussi à fédérer autant de monde en si peu de temps. Respect et bravo à Emmanuelle. Au sein du FlashTweet, Emmanuelle apporte une attention particulière à chacun, chacun se sent unique, c’est extrêmement efficace et en plus, cela se voit, c’est naturel. Après, le FlashTweet ne serait rien sans ses adhérents. Certains prennent part à l’animation directe, trente minutes avant « l’antenne », rassemblent les troupes, animent en parallèle, interagissent jusqu’au bout, c’est vraiment tonique et vivifiant ! On aime ou on n’aime pas ! Si on n’aime pas, on peut ne pas suivre ou se mettre en retrait tout simplement ! On peut aussi le dire mais bon…

Stephane :
C’est un peu la maternelle de twitter, avec du bisou à tout va, de l’encouragement entre les uns les autres… Tant que tout est positif, tout va bien. Si un membre vient à émettre une critique, il est sorti du jeu. Pas mal je trouve. En tout cas, j’ai eu plusieurs retours en ce sens, en privé. Encore une fois, en public, vaut mieux pas émettre une critique sur le flashtweet.

4 – Le #FlashTweet est-il un nouveau média ? un concept marketing ?

Stephane :
Le média, c’est twitter. Un concept marketing, sans doute, et un concept plutôt malin, avec des relais d’influence forts au sein de l’équipe, car quand on gratte un peu, on découvre un truc assez bien structuré. Y’a clairement un business en vue derrière. Lequel, je ne sais pas, même si j’ai une petite idée sur la chose.

Donc d’un point de vue marketing, c’est super bien foutu, c’est une belle leçon oui. L’équipe qui a mis ça en place savait ce qu’elle faisait. Et je sais qu’il y a pas mal de monde qui œuvre dans l’ombre.

Pascal :
Un nouveau média ? Absolument pas ! Pour média, Twitter est un média pas le FlashTweet ! Comme l’a nouvellement écrit Emmanuelle sur sa bio, c’est un journal live ! Des adhérents viennent se greffer autour de l’information, tout en communiant leurs joies et bonheurs d’être présents et de relayer l’info, ce n’est pas un média mais un concept de diffusion de l’info.

Du moment où vous créer un concept, qui plus est avec succès, il vous faut poser des garde-fous, prendre certaines orientations, immanquablement cela devient du marketing. Vous mettez tout en place, pour « vendre » votre concept, pour qu’un maximum de gens se rallie à vous. Indéniablement, il y a une dose de marketing et ce n’est que le début de l’aventure…

5 – Qu’aimeriez-vous rajouter ?

Pascal :
Le FlashTweet à moins de 6 mois d’existence, un succès fou ! C’est dur à gérer et des réglages vont très certainement s’opérer, des virages importants (blog)… Il est évident que des réflexions, initiatives sont en cours. Après est-ce que le FlashTweet tend à glisser vers un Business Model ? Emmanuelle et ses conseillers nous le diront à l’avenir. De jolies possibilités d’exploitations en tous les cas pour le futur.

Conclusion : Bravo pour le concept novateur, bravo à la communauté pour son implication, longue vie à FlashTweet et bon business !

Stephane :
On me traite de sexiste, de jaloux, de rageux, etc… Jaloux de qui ? Encore une fois, le kiss kiss, pas ma cam’, la curation existe depuis des lustres. Alors, jaloux de quoi, qu’on me le dise.

Y’a des gens qui voudraient me faire rentrer dans un débat de personnes, mais je m’en fous de la personne, homme ou femme, je m’en cogne. Ce qui m’intéresse, c’est le débat sur le machin. Mais là, y’a pas grand monde.

Je suis assez désolé de voir à quel point quand on émet un avis contraire à une communauté on se fait trainer dans la boue. Bon, je m’y attendais, ce n’est pas le souci. J’assume, quand on a une grande gueule, faut pas s’attendre à recevoir des fleurs. Je ne vais pas chouiner, y’a de la réaction, et au fond, c’est ce que l’on recherche quand on l’ouvre. (( :

Dans le tas, j’ai quand même eu le plaisir d’avoir des échanges constructifs en privé, des échanges posés, ou chacun a pu émettre son avis. C’est ce qui compte.

Voilà chers lecteurs, le débat est posé et nos 2 protagonistes partants pour le prolonger, ici ou sur Twitter. N’hésitez pas. Merci en tous cas à Pascal et Stephane d’avoir accepté de s’exprimer chez moi. C’était la première fois en ce qui me concerne, et un plaisir. 

On ne se quitte pas comme ça. Nos interviewés se présentent :

> Stéphane :
4h18, aka Stephane Briot, sur le web depuis l’ouverture des lignes au début des années 90′, grande gueule, mais pas méchant.
Blogueur touche à tout, passionné par les gens, le web et ses phénomènes.
Je suis tombé dans Twitter en 2010. Depuis, je n’ai jamais laché l’oiseau.
A l’origine d’un ou deux buzz mémorables m’ayant valu les honneurs de la télé, de la presse, je me fait fort de rester libre, dans ma tête, dans mes tweets.
Je suis un passionné, un vrai, ce qui n’est pas toujours compatible avec le business made in France, ou le cirage est rigueur.
Côté boulot ?… n’en parlons pas ici, ce n’est ni le lieu ni le moment de faire ma pub. Ne mélangeons pas tout. Et puis, vous savez où me trouver, vous pourrez donc farfouiller un peu et découvrir ce que je fais.

> Pascal
Utilisation @acteurvente : perso et semi-pro à partir de sept.

J’ai recréé un nouveau compte en 2013, j’ai le luxe de pouvoir passer des heures incalculables sur Twitter afin d’explorer les moindres recoins et d’en tirer des enseignements précis et modulables (cerveau G et D ;-))

Je m’intéresse à (presque) tout le monde, diverses thématiques, j’aime observer les TL et les bios, on apprend beaucoup…. Pour moi, twitter est un livre ouvert sur la sociologie (propos aussi tenus par Natalia Robles).

Ma TL est basée sur le partage, le relais d’infos, d’articles à valeurs ajoutées dans des thématiques diverses, la mise en avant d’initiatives, de projets, de personnes, de livres, etc, etc.

La philanthropie est un ressort éducatif mais suis aussi un électron libre et un entrepreneur ! Pour plus : Cliquez sur mon LinkedIn

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